mardi 7 avril 2020

Brève généalogique #2 - De l'importance des sources familiales

Lorsque tout semble bloquer et que l'on ne progresse plus, il peut être utile de revenir aux fondamentaux, à commencer par le récit des parents encore en vie, et en particulier celui des grand-parents. C'est aussi le moment de leur téléphoner, faute de pouvoir leur rendre visite.

Cela faisait donc des mois que je cherchais à remonter dans la branche paternelle de ma grand-mère : la famille Schwarcz. D'après elle, son père, Mihaly, né à Budapest en 1897, était le fils de Pál Schwarcz et d'une certaine Katalin Matkovics. Elle mentionne également un certain Lipót, peut-être son arrière-grand-père.

Une surprise de Slovaquie...

L'acte de naissance de Mihaly Schwarcz, mon arrière-grand-père, nous donnait deux indications précieuses.

  1. L'âge de ses parents : 27 ans pour son père, Pál et 42 ans pour sa mère, Katalin. Je pouvais donc situer les années de naissance autour de 1870 et 1854.
  2. Le lieu de naissance de ses parents : Budapest pour son père, Nagy Lóth pour sa mère.

Comme je ne parle pas hongrois, je n'ai pas directement identifier Nagy Lóth comme un ville. Je pensais plutôt à une rue ou un quartier. C'est en cherchant plus attentivement sur ce nom que je suis tombé sur un site de généalogie slovaque reprenant les anciennes appellations hongroises des villages. En cherchant dans les registres à la date de naissance supposée, j'ai fini par trouvé Katalin Matkovics, fille d'Ignace Matkovics et Maria Vidra, née le 20 novembre 1854 à Nagy Lóth, ou Veľké Lovce. Un nouveau pays s'ajoute donc dans mon ascendance proche.

... une autre à Budapest

27 et 42 ans, cela fait 15 ans d'écart, ce qui me semble est assez rare pour l'époque. L'histoire ne pouvait pas donc pas s'arrêter là. En effet, dans ses notes, ma grand-mère relate sa seule rencontre avec son propre grand-père, Pál Schwarcz, pendant la guerre à Budapest. On y apprend qu'il vît avec une femme, qui n'est pas sa grand-mère, et que la relation avec son fils, Mihaly, semble tendue. Qui est donc cette femme ? Aucun indice dans les récit de ma grand-mère, si ce n'est qu'elle est plus jeune que Pál, son grand-père. C'est un heureux hasard qui va me donner la réponse. En complétant la fratrie de la famille Nagy, du côté de la grand-mère maternelle de ma propre grand-mère, Zsuzsanna Nagy, je tombe sur l'acte de mariage de la sœur de cette dernière : Ilona Nagy.


Oui, Pal Schwarcz, fils de Lipot Schwarcz (tiens tiens) et Karolina Siegl, né en 1870 à Budapest, a donc épousé en 1924 en seconde noce Ilona Nagy, née en 1884 à Törökszentmiklos, ville d'origine de la mère de ma grand-mère, Rozalia Ladanyi, laquelle s'est mariée un an plus tard avec le fils de Pal Schwarcz, Mihaly. Cela tient la route, tant au niveau des dates que des noms (on retrouve ce mystérieux Lipot) ou même de la chronologie générale.

En quelques semaines, j'ai donc pu identifier avec un bon degré de certitude les quatre grands-parents et les huit arrières-grands-parents de ma grand-mère. 

Brève généalogique #1 - Une nouvelle branche

Rien de tel que la généalogie pour passer le temps en confinement. Et il suffit parfois d'une simple faute d'orthographe dans les registres pour passer à côté d'une branche toute entière, celle Gabrielle Jeanne Palmyre Denis, née le 11 janvier 1874 à Schaerbeek et décédée à Bruxelles le 5 novembre 1940, qui a donné son prénom à ma grand-mère paternelle. Sans raison particulière, je n'avais jusqu'ici jamais fait de recherches approfondies sur cette branche pourtant très proche. C'est au hasard d'une conversation au bureau que je suis retombé dessus ce jour. S'il n'a finalement fallu que quelques recherches assez simples pour remonter dans le temps et voyager de manière assez inattendue jusqu'à l'autre bout du pays, cette branche réserve sans doute d'autres surprises.

Ce que je savais déjà :

  • Gabrielle Denis s'était mariée le 7 mai 1892 à Laeken avec Charles Vincent Adolphe MARS, dit Adolphe Mars, lui-même né à Anzin, près de Valencienne (Nord, France) et décédé le 8 avril 1933 à Laeken. Remarque : cette trouvaille était déjà une surprise pour toute la famille puisque personne ne savait que mon arrière-grand-mère, Françoise Adolphine Mars, fille de ce couple née en 1902, était pour moitié d'origine française.
  • Ses parents, Adrien Joseph Denis et Palmyre Marguerite Cécile Amélie Kerckhofs, étaient tous deux décédés au moment du mariage de leur fille en 1892, de surcroît mineure, et que le consentement d'un tuteur, un certain Henri Chomé, avait été requis.

Acte de mariage de Gabrielle Denis et Adolphe Mars, Laeken, le 7 mai 1892

Curieusement, je n'avais pas cherché plus loin du côté maternel. C'est donc par hasard, en montrant le fonctionnement du moteur de recherches des Archives de l'État à un collègue, que j'ai pu très facilement remonter plus loin dans le temps.

Une première recherche sous les termes exactes "Palmyre" et "Kerckhofs" ne donne pas de nouveau résultat. Or, en cochant la case "homonyme" du moteur, on obtient cependant cinq nouveaux résultats exploitables :

Palmire, Palmyra ou Palmyre ? Kerckhofs ou Kerkhofs ?

Il faut donc tester plusieurs orthographes lorsque l'on est bloqué et ce, d'autant plus qu'à l'état civil de Bruxelles est très bien indexé.

On apprend donc que :
  • Palmire Kerkhofs avait précédemment épousé un certain Julien Van Leemputten à Saint-Josse-ten-Noode en 1864 et que de ce premier lit naquirent plusieurs enfants dont Julie Van Leemputten, né le 1er août 1865 et Guillaume Van Leemputten, dont je ne retrouve que la mention du décès en 1872.
  • Les parents de Palmyre Kerckhofs (orthographe vraisemblablement exacte) était Vincent Lambert Kerckhofs, marchand de draps né à Turnhout en 1813, et Henriette Lutaster, fille d'un presseur de... draps née à Dison, près de Verviers en 1817.
D'un point de vue généalogique, c'est une nouvelle porte qui s'ouvre sur la région liégeoise, jusqu'ici presque totalement absente de mon ascendante. C'est ainsi que je remonte à présent jusqu'en 1785 à Dison, avec une famille de presseur de draps. De même pour la branche Kerckhofs, en Campine, qu'il me faudra certainement explorer.

Revenons sur Gabrielle Denis, née en 1874. Il faut en conclure que sa mère, Palmyre Kerckhofs et son premier époux Julien Van Leemputten (décédé en 1891) ont divorcé aux alentours de 1872/1873.

Fait plutôt inhabituel, sa mère Palmyre Kerckhofs et Adrien Joseph Denis ne seront pas mariés. J'ai pas retrouvé d'acte de mariage à Saint-Josse-ten-Node, ni à Schaerbeek. On peut lire dans l'acte de naissance de leur fille qu'il n'est pas fait mention de "son épouse" et que le père reconnait l'enfant comme le sien.


Enfin, pour compléter le tableau, déjà écartelé entre Bruxelles, Liège et la Campine, j'ai retrouvé l'acte de naissance d'Adrien Joseph Denis, né à Ohain, en Brabant wallon.